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Dimitry Lyov
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MessagePosté le: Jeu 3 Nov 2011 - 18:11    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant

    _ Un costume neuf, et toujours sur cette Terre des fous qui pensent connaître la véritable Violence. Vous aimez le sang et les combats, je vous offre un monde qui en est plein, un monde où vous ne serez guère plus considérés que comme des gamins qui jouent aux guerriers. »
    [Jamie Braddock]




    ~ Un silence glacial et mortel résonnait sur ces lieux tandis que, dans son esprit morbide et confus, résonnaient encore ces paroles aux allures de prophéties sorties d'outre tombes. Là, sur le champ de bataille, une atmosphère sinistre chantait l'agonie des morts et pleurait le sang, versé au nom d'une irrationnelle folie. Là, à l'endroit où était tombée ce qui serait plus tard appelée l'étoile noire, Dimitry se tenait debout, devant tous, le regard perdu sur l'horizon et rongé par cette espèce de vide intérieur qui venait de lui être révélé et dans lequel il tentait de ne pas sombrer. Il y a cinq minutes à peine, il était encore engagé dans une lutte sans merci contre le mutant dénommé Caracole, la voix du clan Akkaba. Une lutte pour sa survie, celle de Caitlyn et sa fille, une lutte pour avoir le droit de vivre et de respirer librement sur cette terre, sans être accablé par la tutelle d'un quelconque joug. Une lutte pour, simplement, leur liberté. Il y a cinq minutes à peine, il était Dimitry Lyov, criminel, ex-Maraudeur et cible de plusieurs gros calibre, certes, mais également père de famille et amant malgré lui. Et maintenant ? Maintenant, il risquait de n'être plus rien d'autre qu'un criminel, père d'un enfant mort et amant de ce qui fut autrefois une personne vivante. En lui retirant les seules choses qu'il n'avait jamais considéré comme étant à lui, on venait de faire s'effondrer dans sa psyché les dernières barrières qui le retenaient encore de le plonger dans cette barbarie sauvage et primaire, dans cette psychopathie profonde qui lui faisait s'offrir à l'abîme tout entier. Qui était cet homme qui avait soudainement fait irruption entre eux pendant le combat ? Quel était le sens de ses paroles ? Venait-il de se damner à jamais ? Mais, surtout, était-il trop tard pour Caitlyn et Aislinn ? Cette question le fit vaciller mentalement et la forme humaine d'ombre qu'il incarnait sembla se ramasser sur elle-même, au dessus des cadavres qu'il surplombait, tel le spectre de la mort moissonnant les âmes de ces défunts soldats auxquels il venait d'ôter la vie.

    Portant les doigts ensanglantés de sa main droite jusque sur sa nuque, les trous provoqués par l'insertion brutale des aiguilles de Caracole étaient discrets, mais non moins douloureux. Ce qu'il lui avait fait, il n'en avait aucune idée, et c'était bien là le dernier de ses soucis. Non, la seule chose qu'il voyait encore dans son esprit, c'était sa fille, Aislinn, prise en otage entre les mains de ce monstre inhumain. Et puis... Et puis plus rien. Il avait été projeté hors du monde, devant le ballet infini des différentes possibilités du multivers avant de traverser le ciel d'une de ces Terres, telle une étoile filante, noire et liquide, pour venir s'écraser sans heurt sur ce sol imbibé du sang des morts. Et puis, le temps qu'il rassemble les morceaux de son esprit et ré-agglomère ce corps immatériel, ces hommes étaient venus, des militaires, parlant dans une langue qu'il ne connaissait pas. Ils l'avaient vu se reformer, lui, l'horreur noire dispersée sur le sol tel un crachat d'encre, comme une entité balbutiante qui émergeait à peine des brumes de la confusion. Et puis, la peur. La peur dans le cœur des hommes et la xénophobie meurtrière. Oui, c'était bien lui qui les avait tués. Tous, sans exception, sans pitié. Et, dans l'emprise de l'ombre qui lui servait de main gauche, il tenait par la gorge le dernier des soldats sur lesquels il était tombé tandis que, dans l'atmosphère rougeoyante de la froide fin de journée, s'élevait dans les airs le hurlement de la sirène militaire et que, déjà, sortaient au dehors les flots sans fin de ces miséreux pensant tenir la vérité au bout de leurs canons. Mutilé, le soldat qu'il avait à sa merci était en état de choc, les bras ballants, brisés, et n'attendant plus que la mort pour venir le délivrer de ses souffrances. Se rematérialisant physiquement, le torrent des balles absorbées qu'on lui avait tiré dessus tomba sur le sol, à ses pieds, et il repris conscience du monde qui l'entourait à mesure que les perceptions lui revenaient . La chaleur moite et cuivrée du sang entre ses doigt, sur sa bouche, un peu partout. La veine jugulaire de sa victime pulsant sous ses doigts, au rythme du cœur de l'infortuné, semblant égrener les derniers instants de sa vie qui s'écoulait par chacun des pores de sa peau. La fraîcheur de la brise du soir contre sa nuque, le faisant tressaillir, tandis que l'adrénaline repartait à nouveau droguer son corps de frissons et de pulsions de violence.

    Il tremblait, oui. Mais pas de peur, ni de douleur. Il ne savait pas pourquoi, mais il tremblait. Et plus les secondes passaient, plus il resserrait l'étreinte mortelle autour du cou de cet homme condamné. Jeune homme, en fait. A bien le regarder, il devait être aussi jeune que Dimitry lui-même, engagé dans l'armée, peut-être de force, peut-être par conviction. En tout cas, il n'aurait pas la chance de voir le soleil finir de se coucher. Les yeux exorbités, il tentait vainement d'aspirer de l'air, son corps commençant à être parcourus de spasmes de douleur. Oh oui, il aurait pu en finir d'une manière bien plus humaine, et beaucoup plus rapide, sans même reprendre forme physique. Mais il avait besoin de ce contact agonisant sous sa main, de sentir la souffrance infligée au corps, et de céder à ces pulsions enflammées qu'il ne pouvait pas ressentir quand il était immatériel. Serrant de toutes ses forces, le visage crispé par l'effort et la colère, il se sentit vivre comme jamais et, au moment de l'ultime convulsion jouissive, il lui arracha la jugulaire à la seule force des dents, s'abreuvant ensuite à la source de vie, dans un geste dont il fut le premier surpris, même s'il lui semblait tout a fait naturel. Reprenant alors instinctivement des forces, il ne comprit pas que le don de Crimson œuvrait en lui à ce moment là.

    Lâchant le corps immobile, celui-ci vint choir avec un bruit mat sur le sol, au côté des dix neuf autres soldats macédoniens qui lui étaient tombés dessus. Il n'avait pas été tendre avec eux, mais la folie psychopathe le possédait, et l'incertitude grouillait dans son être pour le ronger aussi sûrement que les asticots finissaient par dévorer un cadavre en décomposition. S'oubliant quelques instants dans sa douleur intérieure, il fut rappelé à la réalité par le vrombissement caractéristique de la roquette que l'on tire dans les airs. Ayant tout juste le temps et les réflexes d'amorcer sa transformation en ombre, il absorba ladite roquette en la dématérialisant lorsqu'elle passa à travers son corps. Bénéficiant d'une perception à 360°, il concentra son attention sur l'origine du tir et vit, dans les lueurs sanglantes d'un jour en train de mourir, d'autres soldats en position. Il aurait voulu ne pas perdre la dernière lueur d'espoir quant à Caitlyn et sa fille mais, bien malgré lui, il se rendait petit à petit à l'évidence : ils avaient perdu.

    La tension psychique était bien trop grande dans l'esprit confus du jeune homme et il avait un besoin vital - presque comme une drogue - de décharger cette haine du monde extérieur. Souriant virtuellement d'un air mauvais à la vue du déploiement organisé autour de lui, il se laissa devenir masse informe avant de s'étaler sur le sol, par dessus les cadavres et le sang, tache de plus en plus grande et menaçante. Alors, il dématérialisa toutes les armes des soldats morts et leurs chargeurs, avant de se ramasser sur lui même et d'attendre, immobile, le bon moment. Faisant le vide dans son esprit, il se concentra sur ce rythme, régulier et cruel, qui résonnait en lui, sans cesse présent, et qu'il avait réussi a faire taire ces derniers mois. Oui, ce rythme qui cognait de plus en plus fort dans son crâne, lui sommant de semer mort, chaos et désolation, par cette espèce de dégoût des Hommes et de leurs aliénations. La guerre, fallait-il être stupide pour y croire et penser apporter une paix au prix de milliers de morts et d'un carnage sans nom. Il avait beau ne pas parler Serbe, le Russe en était assez proche pour qu'il devine leur haine contre les mutants. Mais, de ceci, il n'en avait cure. Reprenant une silhouette humaine, il s'élança alors d'un pas, lent et résolu, jusque ces crétins stupides et dégénérés qui tentaient de tuer la mort elle même. Il n'y aurait ni pitié, ni considération, ni retour en arrière. Il leur apporterait la mort, mais, plus encore, la souffrance salvatrice. Ils voulaient jouer à la guerre, eux aussi, et bien soit. Spectre dont l'intégrité de la silhouette était troublée par ses accès de rage, il s'élança plus rapidement vers ces personnes et commença à les massacrer, sortant de son corps informe une dizaine d'armes à feu à la fois, mais prenant bien soin de se jeter sauvagement au corps à corps sur une bonne partie d'entre eux, afin d'instaurer peur et panique. Les tuer rapidement ne l'intéressait pas, non, il voulait les faire souffrir, le plus possible, au moins autant que lui souffrait. Les placer, agonisants, aux portes de la mort, et les faire se rendre compte, une fois qu'ils étaient sur le point de tout perdre, de la futilité de leurs exactions et de leurs existences, que plus rien, alors, n'avait réellement d'importance, et qu'ils étaient, au final, aussi vides de sens que lui.

    Il allait peut-être mourir ici en se cassant les dents contre quelque chose de plus gros que lui et qui pouvait surgir de cette base à n'importe quel instant, mais il retrouvait bien là l'inconscience du danger qu'il avait l'habitude de côtoyer. Peu importe la douleur, et peu importe la fin, tout ce qu'il lui restait possible de faire, maintenant, c'était de vivre à travers l'adrénaline et le danger. Oui, ça allait être sanglant, mais ça allait être un combat mémorable. »

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MessagePosté le: Jeu 3 Nov 2011 - 18:11    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 12 Nov 2011 - 13:00    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant

« Si tu pouvais aller prendre les stratégies militaires du Macédoine, avec ta télékinésie et ta télépathie, cela pourrait beaucoup aider la Serbie contre ce groupe de fascistes. »

Tout n'était pas encore joué. Je ne suis pas vraiment du genre à croire que l'armée de Macédoine est capable de mettre au point une stratégie militaire qui viendrait à mettre à mal notre troupe, et notre propre stratégie - je reconnais au moins ça à Madame-de-la-Chouette, elle s'y connaît en la matière, et n'hésite pas, même, à se mettre à la page - mais il vaut mieux s'en assurer. Sans compter que ça me permet de me dégourdir les jambes en territoire ennemi. Seule. Une autre occasion de montrer que les co-équipier que je dois parfois me coltiner ne font que me ralentir.

Télékynésie, télépathie ... C'est presque trop surestimer le camp adverse, tant je parviens facilement à me glisser entre les installations de fortunes sans croiser grand-monde. A croire qu'ils sont tous occupés ailleurs, à se compter les poils des bras sous la douche, très certainement. Il y a bien comme une tension qui règne ici, les rares que je croise semblent être en alerte.
L'impression est si étrange et si dérangeante, que je ne m'attarde guère auprès de ma cible. Sonder ses pensées afin de trouver où étaient les plans puis les dérober n'aura pas été compliqué : les voilà soigneusement enroulés et glissés dans l'étui que j'ai accroché en travers de mon dos. Je ressors rapidement, et je décide de mener ma petite enquête sur l'état des troupes de ce côté-ci de la frontière : un petit bonus qui me vaudra sans doute quelques remerciements de Fatalis.

Il ne me faut pas longtemps pour repérer l'épicentre de toute la tension qui semble mobiliser la majorité des hommes ici. Un combat a lieu. Les uns après les autres, les humains semblent se casser les dents contre ... Eh bien, je n'ai pas un point de vue très avantageux sur la situation. Je décide de m'envoler subitement, stationnant assez haut dans les airs pour ne pas attirer l'attention, ma vue s'adapte naturellement aux nouvelles conditions de visibilité, et je peux enfin distinguer ... Un seul ? Un seul contre deux bonnes douzaines de corps qui s'entassent à ses pieds ?
Je souris. Un mutant aurait décidé de lancer l'offensive ? L'effet de surprise est bien trouvé, d'autant qu'il semble aussi bien surprendre ses équipiers ... Je devrais peut-être lui prêter main-forte. Enfin ... A y regarder plus attentivement, je dois bien avouer que je ne reconnais pas du tout cet homme. Probablement ne m'en voudra-t-on donc pas de profiter du spectacle au lieu de me laisser tomber au beau milieu de la fosse.

Et le show est à la hauteur : du sang, des tripes, des cris, un contre tous, c'est presque poétique, comme une odyssée ... ou un Opéra, parce que je sens arriver le drame. Une petite troupe, dont l'uniforme diffère légèrement des autres macédoniens, et devant lesquels les soldats s'écartent ... Il semblerait que la crème de la crème soit appelée en renforts. Je suis assez curieuse de voir comment mon mutant inconnu va se dépatouiller de ceux-là.
Rapidement, les nouveaux arrivés semblent prendre les choses en mains, encerclent le mutant qui ne semble pas particulièrement intimidé - mais je suis trop haute pour pouvoir en jurer, il est peut-être aussi bien en train de se faire dessus. L'un d'eux s'avance et soudain, un nuage épais semble surgir du sol. Il ne faut pas être aussi intelligente que moi pour comprendre que ceux-là sont des mutés à la botte des macédoines. Et ce fichu nuage m'empêche de voir ce qui se passe, bien que les sons qui en émanent sont assez évocateurs. L'ennui, c'est que si j'entends les hurlements, je n'ai pas la moindre idée de qui les pousse, et s'il revient aux oreilles de Fatalis que je suis gentiment passée à côté d'un X-Men en train de se faire pulvériser par une dizaine de mutés, je vais passer un sale quart-d'heure.

Une descente en piqué s'impose, tout près du nuage. On ne distingue rien, mais un brin de télépathie me permet de savoir à peu près ce qui se passe, directement autour de moi. Navigant entre les humains sagement plaqués au sol pour la plupart, je m'approche finalement du centre des combats, où l'écran de fumée est moins dense. Il ne pouvait pas durer toujours, de toutes manières.
Il semblerait que j'arrive pile à l'heure, le mutant ne semble plus en si avantageuse posture, mais je n'ai pas le temps d'aller lui proposer mes services : il semblerait que le muté sur ma droite trouve hautement suspect l'apparition d'une femme ne portant pas l'uniforme des soldats de macédoine à ses côtés, et ait décidé de faire d'une pierre deux coups en m'envoyant en plein visage un coup de fouet enflammé - ou fait de flamme, peu importe. Malheureusement pour lui, j'ai de très bons réflexes, et j'évite l'attaque avant de plonger sur lui et glisser entre la quatrième et la cinquième costale un poignard très affûté. Je vais encore avoir les bras pleins de sang.

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Dimitry Lyov
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MessagePosté le: Mar 22 Nov 2011 - 23:44    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant



    ~ J'étais de quart quand, dans le ciel enflammé du crépuscule, je fus témoin de cet étrange scintillement suivi de près par une longue traînée noire et visqueuse, semblable à une étoile filante qui tombait du ciel, mais sans pourtant l'éclat caractéristique qui leur était habituellement associé. Je savais que les mutants étaient capables de bien des prouesses et que l'impossible avec eux n'existe pas, mais comment aurais-je alors pu deviner que cette étrangeté tombée du ciel allait être l'origine d'autant de violence et d'horreur ? Poussant du coude Tomo, mon camarade de ronde, je lui ai indiqué du menton l'objet volant non identifié qui avait semblé se rapprocher du sol à grande vitesse. D'un sens pratique bien plus développé que moi, c'est lui qui remarqua presque instantanément que la chose inconnue ne se dirigeait pas n'importe où, mais bien sur nos pauvres gueules. Empoignant son communicateur, il passa le mot à toute notre unité qui se mit sur le qui vive, arme au clair, et qui se déploya rapidement. Est-ce que c'était une nouvelle offensive de cette Serbie décadente ? Les derniers mouvements de troupes ne semblaient pourtant pas laisser à croire que cet endroit-ci du front serait le plus disputé, bien qu'il s'agisse tout de même d'une frontière de guerre. En arrivant à l'endroit où la chose s'était écrasée, pourtant sans bruit ni explosion, en alerte, j'ai vérifié machinalement mon matériel de secours d'urgence et j'ai attendu les ordres du chef d'unité. Si c'était une attaque mutante, la base disposait d'hommes parés à cela pour y faire face, mais le temps qu'ils arrivent, il risquait d'y avoir un paquet de blessés. Alors j'ai adressé silencieusement une prière à la croix autour de mon cou en espérant que tout allait bien se passer.

    Je n'ai jamais voulu devenir soldat, vous savez. Je suis encore jeune, j'ai 24 ans, et je me destinais plutôt à un job tranquille dans l'hôpital du coin plutôt qu'à ça. Je n'ai pas de sentiment patriotique, je n'ai pas de haine anti mutante et je ne déteste pas la Serbie malgré le gouvernement et sa propagande qui tentent de nous inculquer ce sentiment. Je ne fais pas un très bon soldat non plus, je ne suis même pas capable de me battre pour tuer un homme de sang froid. Mon frère, lui, était un guerrier. Chez lui c'était naturel, être payé pour tuer. La survie et la lutte contre un ennemi, même inventé, il avait ça dans le sang. Il n'avait pas besoin de réfléchir sur le sens de ses actes pour passer à l'action. On lui ordonnait, il obéissait. En un sens, il était l'outil parfait, le bon petit soldat. Et puis, il est mort. Tué par la hache d'un Serbe qui voulait protéger sa famille. Stoppé dans sa haine anti mutante toute droit dirigée sur l'empire de Fatalis par un humain. Un simple humain, et le tranchant de sa hache. S'il n'était pas parti nous défendre en envahissant et en pillant le pays voisin, jamais notre mère n'aurait reçu chez elle la nouvelle qui détruisit sa vie. Mais c'est du passé, et aujourd'hui, si je me bats, c'est parce que j'y suis forcé. Mais je tente de trouver un sens à toute cette folie, et je me dis que toutes ces vies que je sauve sur le champ de bataille ne sont pas inutiles. J'essaie de trouver une justice inhérente dans mes actions, et je passe à travers ce combat sans attarder mon regard sur ce qui m'entoure, de peur de perdre la raison.

    Et puis, je l'ai vue, elle, la chose noire qui a tué les soldats de mon unité. Mes compatriotes, comme dirait la propagande, mes camarades. Mais, surtout, mes amis. Les uns après les autres, je les voyait tomber autour de moi, l'arme à la main, fauchés dans leur course par ce monstre qui venait les chercher les uns après les autres au corps à corps, faisant fi des balles et des armes. Je n'ai pas eu assez, ce jour là, de matériel médical, et j'en fus réduit à retenir jusqu'aux tripes de mon boss avec mes doigts, lui disant que tout allait bien aller, avec pourtant un air hagard et perdu peint en grand sur mon visage. Je ne crois pas qu'il m'ait cru, cette fois-ci, mais il a fait comme si, car c'était de toutes manières trop tard. Et puis, il n'est resté que moi. Et lui. En face, les bras plein de sang, je le regardais et il me regardait aussi, sentant son regard émaner des ténèbres de son corps. Je ne sais pas pourquoi, mais cela m'a semblé durer une éternité. Le visage crispé, j'attendais qu'il fasse quelque chose, mais rien n'est venu, et le dernier membre de mon unité expira son ultime souffle entre mes bras, rouges et poisseux. Alors, lentement, empoignant mon arme avec la résignation sereine du déjà-mort, je la pointais vers cet être monstrueux avant d'enfin libérer ma première balle. Quand enfin j'aperçus entre deux spasmes de ses doigts serrés sur mon larynx, avant qu'il ne m'égorge, l'éclat vide dans son regard, je sus.

    Je sus que, quoi que j'ai pu faire jusque présent, croire ou espérer, tout ceci était futile devant le néant qui m'attendait. Je sus que je venais de sacrifier ma vie sur l'autel des aliénations démagogiques d'aliénés mentaux et d'êtres dont la stupidité n'avait pas d'égale. Peu importait que tout ceci soit bon ou mauvais, moral ou non, je sus simplement qu'il n'y avait aucune justice dans le fait de vivre ou de mourir.

    ***********


    L'espace d'un instant, le calme revint sur la scène de bataille tandis que le flot des munitions tirées sembla s'estomper. L'air, saturé par le hurlement strident de la sirène d'alarme, avait le goût du sang et des relents d'intérieurs de tripes venaient chatouiller les narines du jeune homme ensanglanté qui se tenait là, debout. S'enivrant des effluves poisseuses des corps, respirant profondément, il avait repris forme humaine et observait, d'un air absent, comme s'il la voyait pour la première fois, la gigantesque fresque macabre qui s'étalait à ses pieds. Attendant la suite, au bord d'un gouffre invisible, il semblait reprendre douloureusement conscience de sa propre personne, de sa propre existence. Est-ce qu'il perdait la raison ? Il perdait totalement le contrôle de lui-même et se laissait submerger par les émotions lui qui, habituellement, s'enorgueillissait d'en posséder une maîtrise absolue. Amer, il pensa à Caitlyn. Son attachement à elle l'avait rendu vulnérable. Alors, est-ce qu'il devenait faible ? Il ne sut répondre à cette interrogation. Il se tenait là, complètement matérialisé, devant ces armes pointées sur lui, pouvant le tuer à n'importe quel instant. Le visage crispé, les yeux étrécis, il ressentait toujours cette colère sourde et aveugle qui bouillait en lui, comme un poison dans son cœur. Seul, voilà ce qu'il était. Son acuité sensorielle aiguisée par l'état de fébrilité dans lequel il était plongé, il ressentait l'adrénaline dans ses veines avec une intensité sans pareille, la sensation pâteuse du sang au goût de fer dans sa bouche, et le froid mordant d'une fin de journée glaciale.

    Et puis, comprenant l'origine de ce calme soudain, il prit conscience de ces quelques soldats d'élite qui prenaient position autour de lui, à distance respectueuse pour le moment, mais non moins menaçants. Leurs uniformes étaient différents et, clairement pour certains d'entre eux, ils n'étaient plus tout à fait humains. L'un d'entre eux lança violemment une phrase à Dimitry, dans une langue que celui-ci ne comprit pas, mais qu'il interpréta clairement comme une demande de reddition. Malheureusement, ce n'était pas dans les projets du jeune homme qui, pour toute réponse, reprit un corps noir d'encre. Animé d'une colère qui n'attendait qu'un geste pour de nouveau exploser, il attendit, comme face à ce soldat infirmier tout à l'heure, qu'ils fassent le premier geste. Un homme s'avança tandis qu'un épais brouillard suppurait du sol comme par magie. Technique de combat visant à lui faire perdre ses repères ? Nuage toxique ? Peu lui importait au final car, dans les deux cas, il n'en avait cure. Ces adversaires semblaient toutefois plus intelligents que les précédents et s'étant attendus à une offensive directe, il semblait qu'ils préféraient un poil de stratégie au gros billisme pur et dur. Alors, ne voyant pas à plus de quelques mètres dans cette purée de pois, il se décala de quelques pas afin de ne plus être le centre du cercle des mutés. Un rugissement bestial se fit entendre dans le nuage de fumée teinté du rouge du crépuscule et une silhouette énorme en jaillit en chargeant. Le muté, aux proportions colossales mais comme désarticulées, paraissait aussi berserk que le jeune homme et venait, selon toute vraisemblance, de passer d'une forme humaine à semi animale, empruntant au crocodile sa carapace d'acier et tous ses attributs de prédateur. Faisant émerger de son corps quatre pistolets mitrailleurs récupérés sur les cadavres des précédents soldats, il les actionna tous en même temps sur la masse imposante qui hurla de douleur mais ne stoppa pas sa course pour autant. Il y eu quelques étincelles ici et là et il sembla, l'espace d'un instant, que ses écailles étaient réellement faites d'acier. Parvenant en deux enjambées sur le jeune homme il balaya d'un revers brutal de la main les armes qui échappèrent aux membres d'ombre et il se saisit de cette forme noirâtre afin de la broyer entre ses mains larges et puissantes. Le corps fluide comme de l'eau de Dimitry se coula entre les doigts et, monté sur la poitrine du muté, il fit émerger son palladium 9 mm avant de viser la bouche ouverte et les yeux. L'une des balles lui brisa deux dents et ricocha contre la mâchoire et une autre alla se ficher dans le coin de l’œil. Beuglant de rage l’œil ensanglanté, le monstre tenta de mordre dans le corps du jeune homme qui, se laissant faire, se coula même carrément dans sa bouche, avant de forcer un passage vers l’œsophage et l'estomac acide et brûlant. Il en ressortit quelques instants plus tard par la même voie et, alors qu'il allait se faire charger de nouveau par la masse de muscle et d'acier, un choc sonore et violent se fit entendre lorsque la grenade explosa dans son ventre, lui ouvrant les tripes à l'air dans un mugissement dégénéré.

    Jubilant, l'ombre ne vit toutefois pas à temps la silhouette d'un autre des cinq mutés se diriger vers lui. Dans la force de l'âge, fin et athlétique, peu impressionnant de carrure, il n'en restait certainement pas moins dangereux de par sa nature de muté. Mais toute notion de danger avait disparu de l'esprit de Dimitry, qui observa cet individu, immobile, attentif au monde autour de lui et attendant de voir ce qui allait se passer. Étrangement, il n'y avait encore aucune trace des trois autres mutés. Peut-être était-ce un vulgaire piège, un appât lancé pour baisser la garde et dont le premier élément était cette espèce de colosse qui gisait maintenant au sol, à l'agonie. Ricanant intérieurement, il balaya cette pensée. Dans son monde, les forces de l'ordre étaient toujours dépassés par les capacités mutantes, les militaires agissaient comme des cons avec leurs petites stratégies ridicules, augmentant simplement le nombre d'armes au mètre carré en pensant que cela suffirait à assurer leur sécurité. Une lueur vicieuse dans le regard, son adversaire sourit légèrement quand Dimitry sentit exploser dans son esprit la sensation d'une douleur violente et sans pitié hurler dans son corps comme un feu vivant. Pris par surprise par le pouvoir du muté et, sous le coup de la souffrance soudaine, la masse d'ombre se distordit, comme en proie à une folie furieuse, et il fut rematérialisé de force sur le sol, laissant échapper un cri de rage frustrée. Ce que son adversaire n'avait toutefois pas prévu, c'est qu'en brisant ainsi la concentration du jeune homme, tout ce qu'il avait absorbé réapparut, y compris la roquette dématérialisée en début de combat tout à l'heure. Tombant sur le sol entre les deux combattants avec un bruit métallique, ils se figèrent l'espace d'un instant, s'attendant au pire, quand le système de mise à feu crachota quelques instants avant de se rallumer et l'objet oblong parcourut quelques mètres avant d'exploser contre le sol, projetant terre, cadavres et personnes dans le souffle de l'explosion. Envoyé au sol par l'impact le jeune homme, couvert de terre sur un flanc, tenta tant bien que mal de se relever, blessé et désorienté par la détonation. Il n'en eut cependant pas le temps que, déjà, son adversaire se jetait sur lui avec la hargne et la vigueur caractéristiques des macédoniens anti mutants. Armé de gantelets renforcés de métal et déchargeant un choc électrique à chaque coup, le muté frappa l'infortuné Dimitry à plusieurs reprises à l'abdomen, la poitrine et au visage, amplifiant à chaque heurt le potentiel de douleur dans le corps de sa victime. Le jeune homme, crispé dans la souffrance, fut incapable de se concentrer assez pour se dématérialiser et se soustraire à l'emprise de son bourreau. Laissant échapper plusieurs cris de douleurs, il sentait à chaque fois l'électricité parcourir son corps, mettre le feu à ses nerfs et semer confusion et asphyxie dans son cerveau. A un mètre à la droite du jeune homme gisait sur le sol la lame à moitié sortie de son fourreau et qui l'avait accompagnée jusqu'ici depuis son combat contre Caracole, il y avait dix minutes à peine. Faisant durer le supplice, s'attaquant aux côtes fragiles, le muté marqua un temps d'hésitation lorsque l'un des hurlements de Dimitry se termina en un ricanement sordide qui résonna à travers la fumée éparse du champ de bataille, telle une odieuse mélodie dérangée. Il riait. Oui, il riait dans la douleur. Une chose qu'il n'avait jamais comprise chez sa compagne Caitlyn, c'était sa manière d'avoir un comportement à la fois psychopathe, mais en même temps d'être immunisée à la douleur et ainsi ne jamais pouvoir goûter à cette sensation merveilleuse. Plus il souffrait, et plus il rigolait. Ce feu qui brûlait dans son corps était une preuve qu'il était encore en vie, et faisait partie intégrante des plaisirs qu'il trouvait dans un combat, au même titre que la sensation de l'adrénaline coulant dans ses veines et que l'envie de toujours jouer sa vie sur le fil, dans l'incertitude la plus complète. La douleur, il l'aimait, il avait besoin de la ressentir pour s sentir encore appartenir à cette terre, et aujourd'hui on lui offrait pour une fois un combat bien physique entre deux hommes et leurs poings, et non pas planqué derrière une semi invulnérabilité immatérielle. Poussant son corps à bout, il mit un coup de boule à son adversaire qui, sous le coup recula. Le jeune homme tendit alors la main vers son épée l'accrochant du bout des doigts, alors que le muté, une main sur son nez ensanglanté, tentait d'écraser de l'autre le larynx de Dimitry, les mains glissant sur le sang qui avait giclé de l'artère de l'infortuné qu'il avait égorgé des dents. Il parvint finalement à ramener à lui la lame Muramasa et à la planter dans le corps du muté, enivré de plaisir et de douleur. Il souffla quelques secondes pour retrouver un semblant de force. La tête lui tournait et son corps lui faisait atrocement mal, mutilé en plusieurs endroits. Repoussant le corps agité de derniers spasmes de feu son adversaire, il se releva péniblement en s'appuyant sur l'épée comme d'une canne. Ramassant le fourreau dans l'autre main, il jeta un œil autour de lui, chancelant, à travers les derniers bribes éparses de la brume surnaturelle qui s'était évaporée en grande partie.

    Blessé mais galvanisé, un léger sourire s'affichait sur ses lèvres tandis qu'il aperçut, pour la première fois, cette femme fatale se battre contre le reste des mutés. Elle ne portait ni l'uniforme des soldats, ni celui des mutés, et elle semblait, dans l'aurore de lumière sanglante du soir tombant, être l'incarnation même de la furie des enfers. Une nouvelle adversaire ? Un imprévu ? Il n'en avait aucune idée, mais n'était de toutes manières pas tellement en état mental et physique de réfléchir. Les oreilles toujours sifflantes de la détonation de la roquette, il se rapprocha d'elle d'un pas lent et douloureux, mais continuant d'imposer sa volonté à son corps, le poussant à bout et faisant fi de la douleur et du liquide qui coulait le long de sa jambe. Au même titre que les émotions, la douleur se maîtrisait, et le contraire était une preuve de faiblesse. Mais, aussi fier et orgueilleux qu'il puisse être, le contrecoup brutal de cette débauche d'énergie et d’efforts vint s'ajouter à la fatigue déjà présente du combat d'avant son éjection dimensionnel. Respirant profondément pour retrouver son souffle, il accrocha le fourreau dans son dos et dégaina un autre palladium. Ses membres tremblaient, mais pas sa détermination. Couvert de terre, de sang - le sien et celui d'autres -, son habit de commando furtif brûlé et déchiré, blessé et un air de psychopathie à la fois démente et désespérée sur le visage, il ne ressemblait, décidément, plus à rien.

    La lame en main gauche, il leva son autre bras vers la providentielle demoiselle et la pointa du canon de son arme. Observant il attendait de voir ce qu'elle allait faire avant d'agir. Son état était déplorable, et un autre combat était stupide, mais il se savait capable de se dématérialiser encore une fois si le besoin s'en faisait sentir. Ce qu'il aurait pu d'ailleurs faire, pour s'éviter la sensation physique de son corps meurtri, mais il jubilait trop pour se couper de cette joie.

    Une chose, en tout cas, était sûre. Il avait une envie furieuse de vivre, et ce n'était pas aujourd'hui qu'il se laisserait prendre son âme. »

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Monet St Croix
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MessagePosté le: Sam 3 Déc 2011 - 11:56    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant

Mes doigts sont poisseux. Le sang qui surgit de la plaie, s'écoule entre les côtes et le long de ma main comme une cascade de mort alors que le muté s'affaisse lentement. Je vois dans ses yeux qu'il n'y croit pas. Lui, un homme, un surhomme, même, tué par une femme ? Voilà qui doit largement dépasser les limites de son entendement. Je souris, tandis que j'accompagne son corps au sol, amortissant sa chute, étouffant le bruit. Je me penche même vers lui, murmurant à son oreille :

"Être battu n'est douloureux, que si l'on a peur."

C'est un vieux proverbe serbe, une manière de lui faire comprendre qui l'a tué. Mais ses yeux sont déjà éteints quand je les observe. Peu importe, si seul le vent, si seul ce brouillard qui se dissipe entend ces mots. Je n'ai jamais tué pour la gloire, je ne vais pas commencer aujourd'hui. Je dois d'abord trouver celui qui a créé ce brouillard et qui l'alimente toujours. J'entends des bruits de combats, je m'en écarte : assurément, il n'est pas allé se jeter à la tête du mutant. S'il est un minimum intelligent, il aura préféré s'en écarter au contraire. J'ignore si son pouvoir se limite à créer de la brume, mais j'ai bien l'intention de le mettre à terre avant d'en apprendre d'avantage.
Ma télépathie capte bientôt ses pensées, et je me dirige vers lui. Il m'a vue venir, j'imagine que d'une manière ou d'une autre, il doit sentir les corps au milieu de ce flou qu'il a créé, et il m'attend. Je vois le canon noir se pointer vers ma tête juste à temps pour me baisser, mon bras visant la main du tireur avec une précision parfaite, le forçant à dévier son arme. Le coup part, mais s'il fait une victime, elle est loin derrière moi. Peut-être un corps qui, amassé sur un autre, a créé un tapis de chair tout autour de nous. C'est une vraie boucherie, un carnage, que je devine derrière moi alors que j'entends distinctement le son de l'arme abandonnée qui touche le sol.

Le muté s'est servie de ma seconde d'inattention pour faucher mes jambes. Me voilà au sol, avec un macédonien franchement remonté qui essaye de m'étrangler. Il ne semblait pas avoir d'autre arme à disposition, j'en rirais bien si je n'étais pas en train de sérieusement souffrir dans la région de ma trachée. Mais cet homme-là ne connaît pas M. S'il a été assez malin pour se servir de l'effet de surprise, il ne peut rien contre ma force, et j'ai tôt fait de le renvoyer rouler sur le sol, près d'un tas de cadavres. Il en sort un fusil, un nouveau jouet qu'il pointe dans ma direction. Il n'a décidément pas compris, c'est fatigant. Roulant à mon tour de côté, je décide de me servir de sa méthode du cadavre-pochette-surprise pour me munir à mon tour. Je suis plus rapide que lui, ma balle part bien avant qu'il appuie sur sa gâchette. Headshot. Bravo, M, tu as encore mis en plein dans le mille.
Je me redresse prestement, et c'est seulement alors que je me rends compte du soudain ... calme. Et de la clarté, également, le brouillard n'est plus là que par filets translucides. Je fais demi-tour, mon fusil toujours en mains, et je peux enfin découvrir l'auteur de ce tableau macabre.

Mon premier réflexe est de me dire qu'il fait pitié. Il semble au bord de l'évanouissement, au mieux, et de l'agonie, plus probablement. Il me pointe de son arme, et si je suis étonnée une seconde, je comprends rapidement qu'il a de quoi être perdu : ce n'est pas comme s'il m'attendait, ou si j'avais pu m'annoncer. Sans compter que j'ai moi-même automatiquement pointé mon fusil dans sa direction. Il ne sait pas à qui il a à faire, il me fait penser à ces loups enragés qui, cernés, isolés du troupeau, sachant la mort proche, rassemblent une dernière fois leurs forces pour sauter à la gorge de l'agresseur et espérer l'emporter avec eux de l'autre côté. Je n'ai certainement pas envie qu'il me saute à la gorge, pas dans le sale état où il est.


"Je ne suis pas une ennemie."

Bon sang. Je ne sais même pas quelle langue il parle. Sous cette couche épaisse de sang, il a de vagues airs slaves, mais on ne peut jurer de rien. Peut-être qu'il ne me comprend pas, lorsque je m'exprime en serbe. Et je n'ai ni le temps, ni l'envie d'essayer toutes les langues de mon répertoire jusqu'à trouer la bonne. Je choisis donc à la place d'écarter les bras, dans un geste universellement connu de non-agression. Je ne vais pas lâcher mon arme, nous ne sommes pas à l'abri de voir surgir d'autres soldats.

"Là, tu vois ?"

J'esquisse un pas dans sa direction, mais je le sens encore réticent. Pas besoin de télépathie pour le deviner, ça se lit sur toute sa figure rouge. Soupirant, je baisse mes bras, jetant nerveusement un regard nerveux autour de moi.

"Allez, on n'a pas toute la nuit, machin-mutant. Ils vont en envoyer d'autres."

Je lui fais le geste d'approcher, avant de pointer le ciel de mon doigt. Avec un peu de chance, il m'a aperçue, et il comprendra que je l'invite à profiter du taxi pour se barrer d'ici. C'est soit ça, soit je l'assomme et je l'embarque. Mais dans deux minutes, foi de M, ce problème sera réglé.

"Viens."
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Dimitry Lyov
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MessagePosté le: Ven 9 Déc 2011 - 21:24    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant

    « Être battu n'est douloureux que si l'on a peur. ».

    Alors, avait-il peur ? Là, suspendue au dessus d'un gouffre béant d'incertitude, la question ne trouva pas de réponse. Pourtant, une chose était sûre : en cet instant précis, sous la couche de haine qui l'animait, la douleur qui lui broyait le cœur à l'intérieur n'avait pas de commune mesure avec celle qu'il ressentait dans tout son corps. Lorsque le jeune homme décidait de s'engager dans un combat, il n'y avait pas de questions à se poser, pas de demi-mesures. L'hésitation, le doute, la peur, étaient autant de faiblesses qui faisaient vaciller la détermination et dont il fallait savoir s'affranchir pour se donner corps et âme dans l'absolu de la voie guerrière. Une fois lancé, rien d'autre ne comptait que cette volonté inextinguible de parvenir à son objectif, cette soif de vaincre, cette espèce d'engagement total dans le combat. Et, dans cette vision du tout ou rien, la défaite, souvent, n'avait pas que le goût acerbe de l'amertume, mais était également synonyme d'une fin annoncée. Sans demi-mesures, pas de compromis, et sans compromis, l'erreur n'était pas permise. Mais si, il y avait moins de quinze minutes, il se battait pour arracher sa liberté sur les rivages d'un autre monde, qu'en était-il de sa volonté, en ce moment précis ? Cette remise en question, aussi futile soit-elle, ne laissait pas indemne. C'était trop tard. Il ne pouvait plus rien faire à présent. Et cette pensée lui était aussi insoutenable qu'un millier d'aiguilles plantées dans ses nerfs. Alors, désorienté, laissé sans but, il faisait échouer par vagues successives de violence les émanations confuses de ce trouble intérieur sur la première chose qui lui était passé sous la main. Assurément, il aurait pu tomber en pleine ville au milieu d'une classe de maternelle plutôt que sur la frontière d'une guerre que le résultat aurait été le même : sanglant. Mais cette débauche incontrôlée de violence était l'aveu silencieux de la faiblesse qui venait de s'emparer de lui, ce qui ne faisait qu'ajouter encore plus à sa frustration. Pour lui, le manque de contrôle était une chose, mais l'afficher, c'était se montrer faible. Ce qui était intolérable. Les yeux fixés sur elle, il ne la lâchait pas du regard. Il brûlait à l'intérieur et il brûlait à l'extérieur. Il ne savait pas. Ni où il était, ni quand, ni ce qu'il s'était passé, ni même où elles étaient. L'angoisse, sentiment depuis longtemps éliminé du panel de ses émotions, rejaillissait ici avec une vigueur renouvelée, agrippant sa poitrine de ses longs doigts secs et glacés . Et cela le rendait mauvais. En proie à l'indécision, il ne savait pas quoi faire. Dressés l'un contre l'autre en vis-à-vis, le canon de chacun pointé devant eux, il était sur le point de se rompre mentalement. Alors, avait-il peur ?

    Non, il était terrifié.


    L'espace d'un instant, dans cette ambiance tendue, un calme aussi relatif que précaire enveloppa les deux mutants, tandis que le jeune homme guettait le moindre signe qui trahirait les intentions potentielles de cette femme inconnue. La douleur lancinante, le froid mordant, le râle isolé d'un dernier malheureux, agonisant, là, quelque part dans l'amas indéterminé des corps mutilés, non, plus rien de tout ceci n'existait. Juste elle, et lui. Et seule la sirène hurlante niait encore l'immobilisme de la réalité. Figé dans cette espèce d'attitude de défi, Dimitry attendait. Il attendait qu'elle se lance, qu'elle fasse le premier pas et tire, qu'elle engage le combat avec toute la violence dont elle pouvait faire preuve. Qu'elle rompe cette attente provisoire pour faire naître de nouveau en lui l'ivresse du carnage, l'élancement cruel de la douleur dans ses membres et, qu'enfin, toute cette débâcle se termine, aussi brutalement qu'elle avait commencé. Mais non, rien. Rien d'autre que ces quelques mots qu'il ne comprenait pas, que cette interrogation silencieuse et inattendue. Mais son geste, lui, fut explicite et, malgré ce que l'on pouvait y penser au premier abord, il lui en voulut profondément. Il lui en voulait parce qu'elle l'empêchait de sombrer dans la démence, de céder à la facilité et de continuer cette boucherie gratuite jusqu'à ce qu'il crève misérablement, de par sa folie et son inconscience. Il lui en voulait parce qu'elle lui offrait le choix, alors que tout ceci aurait pu être plus rapide, plus simple, plus définitif. De part son geste, elle lui proposait une solution alternative, synonyme d'espoir, mais qui signifiait aussi continuer à se débattre dans cette farce sordide et miséricordieuse qu'était la vie. C'était cruel, mais elle soulignait d'autant plus ce qu'il refusait d'admettre : il avait perdu.

    D'un pas, elle s'approcha de lui. Farouche, il ne recula pourtant pas mais, imperceptiblement, il se tendit un peu plus. Sa langue avait beau lui être étrangère, ses gestes étaient explicites. Elle n'avait pas l'air d'une militaire de la base, était formée au combat et portait une tenue qui, bien qu'anonyme, était clairement destinée à l'opération. Un piège pour tenter de le neutraliser plus subtilement que ce qui avait été tenté jusque là ? Peut-être, peut-être pas. La tension sur son visage, cependant, était bien réelle, et l'inquiétude dans son regard était dirigé à l'entour, à l'encontre de ces silhouettes militaires et anonymes qui, à chaque instant, pouvait surgir sans crier gare pour un nouvel assaut. Alors, que choisir ? Avisant la situation, il était sur le point d'esquisser un mouvement pour se détourner d'elle et s'en aller mais une pensée le retint au dernier moment. Tuer ces hommes lui avait permis de décharger sa frustration, et la douleur de détourner l'attention de son esprit. Mais il s'en rendait compte, à présent, que tout ceci ne parvenait pas, finalement, à masquer la haine et le désarroi qu'il portait en lui. Tourner le dos ici et maintenant serait peut-être gage de regret plus tard. Pourquoi ? Parce que si elle représentait une possibilité, aussi faible soit-elle, pour lui de retrouver Caitlyn et sa fille, alors il ne pouvait pas l'ignorer. D'autant plus si Caracole les possédait, l'urgence de la situation ne lui autorisant guère ce genre d'égarements. Ainsi finit-il par signifier son assentiment à l'encontre de cette femme à la beauté aussi fatale que sensuelle, ce à quoi il était pourtant totalement insensible, brisant son immobilisme en baissant son bras armé vers le sol et acceptant, après quelques instants de silence supplémentaire, de se laisser amadouer. Rangeant l'arme blanche dans le fourreau prévu à cet effet, il prit sur lui pour accepter son aide et faire également un pas vers elle. Rétif, il avait la même impression que le jour où il avait rencontré Mister Joy, l’acolyte de Sinistre, lorsque sa vie et la tournure qu'elle allait prendre n'avait alors tenue qu'au bon vouloir et à la décision de cet homme dégénéré. Ne faisant jamais confiance à quiconque, c'est pourquoi laisser la décision de ce qui allait se passer maintenant entre les mains de cette inconnue lui coûtait. Cependant, afin de faire taire cette pression de plus en plus forte dans son crâne, provenant de son corps endolori, il fit l'effort de dépenser encore un peu d'énergie pour devenir ombre. Cela faisait mal, mais soulageait au final, libéré de toutes contraintes et sensations physiques. En contrepartie, cependant, ça ne laissait que plus d'espace dans l'esprit du jeune homme pour le chaos interne qui y régnait. S'efforçant de fixer son champ de perception sur quelque chose de précis pour se concentrer, l'inconnue en l'occurrence, il s'éleva dans les airs, masse serpentiforme, à quelques mètres de hauteur avant de se stopper pour l'attendre, afin qu'elle ouvre la voie. »

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MessagePosté le: Sam 7 Jan 2012 - 17:43    Sujet du message: Un nouvel univers [M] Répondre en citant

Evidemment. Tandis que je l'observe utiliser ses dernières forces pour s'élever, je maudis cette stupide barrière de la langue qui m'a empêché de lui exprimer clairement mes intentions, à savoir le porter et l'emmener moi-même afin de soulager ses souffrances. J'ignore s'il sera capable d'effectuer tout le trajet, surtout si l'armée de Macédoine se décide à envoyer à nos trousses quelques-uns de leurs avions, mais ai-je le choix ? Si je m'approche et l'empoigne de force, il y a fort à parier qu'il va ressortir ce grand couteau que son corps d'ombre a avalé pour me l'enfoncer brusquement quelque part en-dessous de la cinquième costale gauche. Non merci.
Étouffant un soupir, je m'élève donc à sa suite, surveillant les alentours. Pour l'heure, la voie semble libre. Et puisqu'il est inutile de lui parler dans une langue que de toute évidence il ne comprend pas, et puisque je n'ai pas la patience ou le temps de deviner laquelle il peut bien comprendre, je me contente de rester à sa hauteur un instant. De plus près, sa forme est plus déroutante que je m'y attendais. Je ne sais pas comment il peut me voir, et en tout cas je ne sais pas où regarder pour capter assurément son attention. Je n'ai plus qu'à supposer qu'il saura me suivre, avant de me tourner et de mettre le cap sur le QG de Fatalis.

L'inconnu semble mettre un point d'honneur à tenir mon rythme qui, s'il n'est pas élevé, est tout de même soutenu : il est plus difficile d'avoir le temps de distinguer quelque chose qui se déplace à une allure vive. C'est une fois en l'air, seulement, que je commence à m'interroger sur notre arrivée. S'il est évident que ce grand gaillard est un mutant, ça ne lui garantit pas un bon accueil parmi les forces serbes et, par extension, ça ne me garantit pas un bon retour. Peut-être qu'il sera perçu comme une menace, et moi comme celle qui l'a ramené. Si pour l'heure il est de toutes façons bien incapable de se défendre contre les mutants qui résident au QG, j'ignore de quoi il sera capable, une fois remis sur pied - quand bien même le tas de cadavres à ses pieds à mon arrivée me donne une petite idée sur ce qu'il peut faire, et ce n'est pas pour me rassurer.
Mais au fond, je dois avouer qu'il me semble plus correct de venir en aide à un mutant blessé, quitte à l'entraver plus tard le temps de l'interroger proprement.

Une fois arrivés à destination, je le laisse se poser dernière moi avant de lui faire un signe lui demandant clairement de m'attendre tandis que je m'approche des gardes :


"J'ai un blessé, mutant. Il a besoin d'aller à l'infirmerie de toute urgence.
- Nous allons l'y conduire.
- Non. Il ne vous suivra peut-être pas. Il me connaît, je vais l'emmener. Prévenez là-haut."

Retournant chercher le blesser, je lui fais cette fois signe de m'emboîter le pas avant de me mettre en route. Heureusement, l'accès à l'infirmerie n'implique pas de traverser le bâtiment en long, en large et en travers, il y a peu de chances qu'il glâne là des informations compromettantes.
Lorsque j'arrive, le personnel médical est déjà prévenu et a commencé à préparer le matériel pour les soins. Je me tourne alors une dernière fois vers mon bel inconnu, reprenant la parole.


"Reste là. Ils vont s'occuper de toi. Demande-moi, après."

Je place la main sur mon sternum, à plat.

"Je suis M."

Je recommence le geste, une autre fois, répétant mon nom.

"M."

Finalement, je prends un air interrogateur.

"Compris ?"

Mais au fond, peu importe. Je sais bien que le personnel me fera appeler ensuite, je veux simplement réussir à communiquer avec cette définition vivante du mutisme.

"Il ne parle pas le serbe. Je ne sais pas quelle langue il pourrait comprendre."

Je choisis de ne pas voir le roulement d'yeux d'un médecin avant de porter à nouveau mon attention sur le blessé. Le saluant d'un vague geste de la main, je me détourne finalement, le laissant aux bons soins de nos experts, prête à monter faire mon rapport et attendre de ses nouvelles.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:48    Sujet du message: Un nouvel univers [M]

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