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Lady B.
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Autres Noms: Crimson - Mina Braddy - (Stanislava Argamane Braddock, identité inconnue)
Âge du perso: indéterminable à cause de ses voyages entre les réalités. Sans : ~ 75 ans.

MessagePosté le: Lun 2 Jan 2012 - 22:52    Sujet du message: Vacuity Répondre en citant

Les murs sont rouges, rehaussés d'une poussière d'or. Un rouge puissant, riche, vivant comme un pouls vif et clair, rouge comme le sang peut-être. Un sang précieux que l'or vient parer d'une façon presque outrageuse, comme il le fait pour ceux dont il est un ami compensatoire. C'est la beauté de la vanité, du crime, du vice qui orne cet alcôve, où le parfum enivrant de l'opium dispute sa place à l'arôme sauvage, métallique, de la vie qui perle depuis les plaies de la suppliciée.

« Pourquoi me faites-vous cela ? Qu'avez-vous à y gagner ?

- Absolument rien », répond la voix suave et sereine de la prêtresse infernale.

Celle-ci s'étend, lascive strige, sur une ottomane luxueuse, tandis que sa proie git lovée dans l'étreinte des fils barbelés. Les lames de rasoir, affamées, lèchent sa peau, embrassent sa chair, se gavent de l'abondant nectar carmin qui s'enfuit vers la fin. À genoux, ses poignets retenus comme les ailes d'un oiseau crucifié, l'esclave non encore soumise lève des yeux fatigués vers la coupe pleine de son ambroisie pourpre que la maîtresse porte à ses lèvres sans hâte.

« Dans ce cas pourquoi suis-je ici ? Je ne vous ai rien fait. Je n'ai porté préjudice à personne, alors que vous vous empiffrez du fruit de votre barbarie... Vous vous complaisez dans la souffrance de l'autre, vous savourez ma douleur devant moi. Pourtant je n'ai rien fait pour mériter ça. »

Reposant le breuvage impie sur un plateau d'or garni de velours grenat, la démone se lève et va cueillir du bout des doigts le menton de sa victime.

« Chercherais-tu à te rassurer, petite âme ?

- Je ne vous comprends pas. Vous avez une fortune indécente, et une beauté à faire tomber des têtes; vous avez le respect, peut-être même l'affection de ceux qui vous accompagnent... Qu'est-ce que le martyr d'une personne pour vous ? Un plaisir ? Un moyen de flatter votre ego ? »

Une larme roula sur sa joue déjà mainte fois rougie par d'amères souffrances. D'un geste extrêmement doux, comme son expression, la reine de céans se pencha sur sa prisonnière et la fit taire d'un doigt sur ses lèvres craquelées par la soif et les cicatrices d'anciens coups.

« Non, tu ne comprends pas, c'est vrai. L'épreuve que tu traverses n'est rien de tout cela. Et si, de cette même manière, j'octroie à d'autres ce que tu énonces, ce n'est pas pour autant ce que j'y viens puiser, ni même ce que je ressens malgré moi. »

L'une comme l'autre n'en était plus à l'étape de l'affrontement. C'était une confrontation d'esprits, dont les corps n'étaient plus que véhicules. Et bien que le sadisme soit toujours un invité siégeant comme un prince dans l'espace qu'elles peuplaient, ni attaque, ni défense n'avaient plus cours entre elles. Aussi l'obéissance se posa comme réponse dans l'attitude de la dominée.
Se redressant avec la grâce animant chacun de ses mouvements, la dominante se détourna de sa victime, et avança vers les langues de feu dans l'âtre. Elles dansaient, sœurs chtoniennes, une sarabande révélant par transparence sous la mousseline de soie les courbes filiformes de leur terrestre parente à la chevelure d'un noir impénétrable.


« À la vérité, tout cela n'a aucun véritable sens pour moi. Je ne me sens redevable envers personne et je n'ai pas le sentiment d'être créancière de qui que ce soit. Mes actes et mes paroles n'ont pas plus d'importance que la manière que les uns ou les autres choisissent pour te faire mal. Au final, tu ne fais que subir. On peut dire qu'il en va de même pour moi, à la différence près que je ne ressens rien. Nulle humiliation. Nulle réelle fierté. Je ne suis ni triste, ni gaie. Ce que je fais, je ne le fais en vertu d'aucune idéologie, d'aucune ferveur, d'aucune philosophie. Je ne cherche pas à défendre le moindre parti dans les petites ou grandes guerres qui agitent le temps qui passe.
Je suis simplement là. Je suis là par erreur. Je n'ai pas ma place ici bas, et si je m'en suis fait une, elle est factice et éphémère. Je ne marquerai pas l'histoire, je n'en ai pas envie. Je me moque de la destinée de ce monde. Qu'y éclose l'enfer ou le paradis ne m'importe pas, et voir ses habitants se démener pour l'une ou l'autre fin m'indiffère complètement.

- Mais pourtant, vous suivez un parti. Vous êtes une pièce du puzzle.

- Sans doute, oui. Mais ce parti aurait pu être celui de mon ennemi. Le sort m'a amenée au devant de celui selon qui j'œuvre, et pour qui je me laisse parfois avoir quelque sentiment mal défini. Après lui, j'en ai rencontré d'autres qui m'ont quelquefois inspiré d'autres sentiments d'un ordre similaire. Mais sache-le, tout ceci n'est qu'un jeu. C'est une farce. Une comédie tragique dans laquelle je joue un simple rôle. Sans doute suis-je suffisamment bonne actrice pour avoir su attirer des faveurs non négligeables, et sans doute ai-je pris une sorte de plaisir à occuper la scène comme on me l'accordait...
Mais il y a une chose qu'il faut que tu comprennes. Le Bien et le Mal n'existent pas. Il n'existe ni Eden ni Pandemonium, et tous ceux qui meurent en croyant marquer leur siècle ou simplement apporter leur pierre à un édifice en lequel ils ont foi, se trompent. On a tôt fait de les oublier, eux et leurs exploits, qu'ils soient petits ou grands. On oubliera bien vite mon nom, comme le tien; plus vite encore on oubliera mon visage, le tien aussi; et tout ce que nous aurons construit sera bientôt réduit à néant, car le monde marche sans s'arrêter, et que son cheminement est infini.

- Alors votre but n'est même pas de graver les mémoires ? Vous n'espérez même pas laisser une trace derrière vous ?

- À quoi bon ? Ce que j'aurai fait ou dit, les gens se l'approprieront quoi qu'il advienne, ou l'effaceront sans regrets. Qu'aurai-je à faire de l'amour ou de la haine d'autrui quand mon existence sera révolue, et que je n'aurai plus de raison ni de moyen d'en tirer le moindre sentiment, ni même la moindre pensée...

- Mais alors pourquoi continuer à vivre ? Si vous n'avez rien qui vous retient dans un camp ou dans l'autre, si vous n'avez rien qui vous attache à la vie elle-même, pourquoi ne pas en finir tout de suite au lieu de prendre part au massacre ?

- Parce que tout cela est un jeu, comme je l'ai dit, répondit-elle en riant doucement. J'ai été invitée à la table et tant que cela m'amusera, je continuerai à tirer les cartes et à les abattre une par une.
Et parce que je suis mourante. Je n'en ai pas l'air, ma santé est excellente, mes choix n'en disent rien. Mais je suis ici comme dans un mouroir. Je sais que ma fin approche et qu'il n'y a pas plus d'intérêt à la précipiter qu'à la retarder. Je ne fais qu'attendre la mort. Et parce qu'attendre dans l'inaction n'est pas aussi amusant que d'attendre en dansant avec les étranges cavaliers qui me proposent leur main, je passe ainsi le temps. Il a fallu qu'en ce monde, la danse soit macabre, mais ce n'est ni ma faute, ni mon souci. C'est simplement ainsi.

- Vous ne pourrez pas prétendre à l'innocence lorsque votre heure viendra, que ce soit tôt ou tard. Vous ne pourrez pas justifier de cette manière votre comportement, quand vous devrez en répondre devant Dieu.

- Dieu ? »

Elle garda longtemps le silence, ensuite. De longues minutes s'écoulèrent dans un vide immense et froid, sans qu'aucune autre parole ne soit portée par sa voix qui soudain, de manière nette, avait chu comme la lumière du jour à l'horizon d'une nuit d'hiver.

« Dieu m'a abandonnée. »

Le son de ces mots portait une solitude inerte, le murmure éteint de quelque roche endormie à jamais sous l'écran sourd et muet d'un lac gelé. L'unique expression d'un cœur pétrifié dans le givre, la vacuité.

_________________
code couleur : #994444




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MessagePosté le: Lun 2 Jan 2012 - 22:52    Sujet du message: Publicité

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